Les enquêtes du Dept V, épisode IV (ça se rapproche) : Dossier 64 (on s’éloigne)

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16 copies du dossier 64 circulent. On les a toutes b – hips – bues !…

Le Département V : c’est reparti ! Les inspecteurs Carl Mørck et Assad reprennent du service dans le 4e volet de la saga Les enquêtes du Département V, dont le tournage débute aujourd’hui. Adapté du 4e tome de la saga écrite par Jussi Adler-Olsen, Dossier 64 est réalisé par Christoffer Boe (entouré ici de Fares Fares et Nikolaj Lie Kaas).

Retour à un « jeunot » après le vétéran Norvégien Hans Petter Molans, qui signa le volet Délivrance qui suivait Miséricorde et Profanation, réalisés, eux, par Mikkel Nørgaard (voir mon entretien)

Christopher Boe dispose jusqu’alors d’une filmographie assez éclectique, que ce film-ci, ainsi que son projet Hitman’s Guide to Housecleaning, s’il se concrétise, feront pencher côté polar. At følge…

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Del Toro parraine Øvredal !

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Guillermo del Toro, qui avait beaucoup aimé The Autopsy of Jane Doe – voilà un homme de goût – laisse finalement la main au Norvégien Andre Øvredal pour adapter un bouquin d’Alvin Schwartz, Scary Stories to Tell in the Dark, pour le compte de CBS Films.

Connu outre atlantique, pas trop chez nous, l’écrivain passa par la case comics dès les années 40 ; ce fut même lui qui écrivit le premier crossover Batman / Superman en 1954 (dixit Wikipedia).

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Alvin Schwartz est surtout connu pour ces Scary Stories, donc, une trilogie entamée dans les 80’s, illustrée par un certain Stephen Gammell, qui, euh… pourrait s’appeler Gargamel (hu-hu) puisque ses dessins « qui font peur aux enfants » ont de quoi procurer des cauchemars même aux plus grands. Certaines librairies outre-Atlantique avaient d’ailleurs retiré, à l’époque, ces livres de leurs étals pour cette raison (source : Deadline).

S’il passe le cap de cette adaptation chapeautée par un grand du ciné de genre, Andre Øvredal peut aller loin ; c’est tout le mal qu’on lui – et nous – souhaite.

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Sale printemps en été

#poésiepourlespoissons. Suite à une grosse campagne de crowfunding, le collectif suédois Crazy Pictures est passé au long métrage avec Den blomstertid nu kommer (litt. “Maintenant vient le temps de la floraison”, un titre qui vient d’un chant estival traditionnel). En tête d’affiche on trouve Christoffer Nordenrot, un habitué du collectif, et à la réalisation est crédité Victor Danell, membre majeur du groupe. Ça causera film catastrophe via un prisme familial. Sortie prévue au solstice d’été lå-bä. (en savoir plus + source : Cineuropa.org).

Si le teaser ci-dessus peut faire croire à un wanna be blockbuster local, s’attarder sur leurs court-métrages rassure largement : sens de l’intime, du fond, de l’air du temps. Cf. pour exemple ce Gilla de 10mn, un petit chef d’œuvre qui s’exprime sur la haine anonyme diffusée dans les forums sur la toile de la plus belle façon qui soit (crescendo un chouilla emprunté au score de Mansell sur Requiem for a Dream d’Aronofsky, mais chut) :

… ou encore ce court d’action, De Arbetslösa (« les chômeurs ») à la chute sacrément bien vue :

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Stenberg bien dans ses pompes ?

Bad buzz, ou quand les femmes réclament d’être davantage payées que les hommes pour s’acheter encore plus de godasses. Par delà la polémique – ou pas – cette superbe pub pour les chaussures Bianco, qui date de l’an dernier, est signée Mats Stenberg, le Suédois qui signa l’excellent Cold Prey 2. Je désespère le voir un jour réaliser un second long.

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Blade of the Immortal (Takashi Miike, Japon, 2017)

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Le samouraï Manji est victime d’une terrible malédiction : il ne peut mourir. Il doit tuer mille hommes au caractère démoniaque pour pouvoir trouver enfin la mort et expier ses fautes passées. Voilà pourquoi tout le monde le voit comme un horrible et très violent personnage. Mais un jour, la jolie Lin lui demande de l’aide pour venger sa famille…

Je ne sais pas si ce sous-genre existe, si non je l’invente : ce Blade of the immortal est à ranger parmi les chambara dits « akuma ». Cela veut dire « démon » et j’ai cru en remarquer un tas, dans les films, de héros si torturés qu’on peut les assimiler à ça : une âme damnée. Sword of Doom, Hitokiri etc. On ne rigole pas avec ce type de chambara, et l’acteur Takuya Kimura est pour moi une révélation en dingo post Nakadai tout à fait crédible.

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Takashi Miike adapte un manga de plus, L’habitant de l’infini, de Hiroaki Samura (1994), déjà animé en 2008 par Koichi Mashimo, un vétéran à qui l’on doit les oav de Dominion Tank Police, Dirty Pair : Project Eden et autre The Weathering Continent. Miike, lui, fait le job, nous gratifie de beaux plans, de belles idées. Mais il reste Miike : action turbulente, narration chaotique, trop de dialogues répétitifs, absence de fond, film trop long… Il n’arrive pas à s’affranchir de la structure feuilletonesque et un brin puérile du manga, avec ces affrontements structurés selon une épreuve sportive : éliminatoires, quarts de finale, demi-finales, finale, générique de fin.

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Miike foire le mélo du premier plan parce qu’il s’en cogne (un énième héros sauve une énième gamine), et l’on sent qu’il apprécie le vilain, ses ambitions et la puissance stupide du Shogunat, ce patron qui n’a d’autre logique que la sienne : « c’est moi l’chef et je fais c’que j’veux ! ». Absent, au-dessus de la mêlée, il domine, comme dans tant d’autres chambara.

Miike est un Yokai farceur déguisé en être humain. Il ne vit que pour l’instant présent et semble se moquer de tout, en permanence. C’est aussi fascinant que délétère. Ce récit, retravaillé, aurait pu donner lieu à un très bon film. En mettant hors champs ce combat-ci, en plaçant celui-ci à la fin plutôt qu’au milieu (je pense au fight entre les deux immortels, en l’état proche d’une castagne à la Bud Spencer / Terence Hill), en fusionnant plusieurs personnages en un seul, etc, bref, en pensant le scénario, un art qui semble se perdre dangereusement pour cause, sans doute, de temps et d’argent perdu (cf. le dernier Star Wars en date, symptomatique), on se retrouve avec des machins jetables dans lesquels on s’efforce de trouver de quoi se sustenter.

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Zhong Kui: Snow Girl and the Dark Crystal (Peter Pau, Zhao Tian-Yu, Chine, 2015)

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Le héros légendaire Zhong Kui doit, pour sauver ses compatriotes et la femme qu’il aime, affronter à la fois les royaume du Paradis, de l’Enfer et la Terre…

Parlons succinctement de cette « Reine des neiges meets Dark Crystal », film dans lequel il n’est aucunement question d’une Elsa s’en allant sauver un monde gelé avec l’aide d’un Gelfling, mais de, euh… j’ai rien compris.

Pendant plus de la moitié du métrage, de la fantasy chinoise assez ciselée, je me suis demandé si c’était bien (genre expérimental à la Zu 2), pourri (genre expérimental à la Zu 2… oui, çui-là ça dépend des jours), ou si j’étais définitivement passé à autre chose (saxo). Faut pas se forcer. A priori, je dirais que c’est du Zu plutôt fadasse, mais avec des VFX aux goûts du jour – toutefois pas toujours yop-yop – et de jolies pépés Harkisées comme il faut. L’envie m’a souvent pris d’appuyer sur une touche de ma manette pour passer la cinématique et attaquer un jeu vidéo au demeurant peu emballant, comme ça, pour voir. Sans âme, donc. Le final larmoyant importé de celui, autrement plus puissant, de Blade 2, me pousse à y voir un machin en 3D jetable qui ne relève pas vraiment du 7ième art. Ok, j’y suis : on tient là un simili Stormriders, voilà ! Dont on fêtera les 20 ans l’an prochain.

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The Foreigner (Martin Campbell, UK, Chine, 2017) + HS Edge of Darkness (M. Campbell, série UK, 1985)

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A Londres, un modeste propriétaire de restaurant de Chinatown va tenter de retrouver les terroristes irlandais responsables de la mort de sa fille.

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Voilà du routinier bien fait avec ce qu’il faut de subtilité pour me satisfaire – et de lourdeur à la Dante Lam pour m’agacer. La femme de notre héros qu’on apprend morte en accouchant de sa dernière fille, ça s’appelle une surcharge pataude de pathos caractérisée !

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– Allo ? Toi qui a tué ma femme cousine grand-mère fille, sache que ça va chier dans les ventilos ! (refrain connu)

Chan semble partager le regard blasé du réalisateur Martin Campbell sur l’intrigue : « Venger ma fille ? Eh, le réal’ a déjà raconté cette histoire x fois (cf. sa chouette série Edge of Darkness, qu’il a lui-même remakée), il en a marre, mais si c’est ce que vous voulez voir, ok, on fournit ». Dur de se marrer avec ce type de postulat, d’où ce très beau regard usé de Chan, que l’on préfère en clown gambadant qu’en triste vengeur. Ca n’a pas toujours été le cas, mais le ciné étant affaire de palliatif, c’est ce que je réclame en ce moment. Fut une époque, le démentiel Crime Story de Kirk Wong – par ailleurs ouvertement cité lors du gunfight final – était approprié. Dès lors, Campbell se marre et nous avec via le perso de Pierce Brosnan, un politicard pour qui rien ne fonctionne, mais qui parait perpétuellement s’en détacher. Les bidouillages politiques m’ont paru globalement crédibles (conflits historiques avec la GB et sauce interne irlandaise) et son personnage, blasé également, encaisse tout sans jamais s’en montrer choqué. Jusqu’à cette fin où il semble accepter l’inéluctabilité des choses de peur de perdre davantage. Voilà du ciné de vieux qui s’assume (Campbell affiche 74 ans au compteur).

Jackie ? Il nous gratifie de deux très bonnes scènes d’action, pas très longues, mais très chouettes, avec en bonus ses trombine et gestuelles à la Chaplin. Je reste preneur. Oui, sa doublure est là souvent, oui lui-même n’est pas souvent là, mais sa présence irradie le film d’un p’tit truc positif bienvenu. Pour sa part, il a 63 ans, respect. Dans la salle, un fan applaudissait et se marrait à chacun de ses actes, même infimes. Un simple coup de genou à travers une portière de voiture et c’était parti ! Ca m’a autant amusé qu’ému… dixit le vieux qui se contente de peu du moment qu’il a son retour du Chinois.

The Edge of Darkness (série UK 1985)

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La fille de Craven, un inspecteur de police, est assassinée. Il mène l’enquête et découvre que le meurtre de sa fille est lié à une affaire de corruption au sein même de la ville…

Ayé, série enfin vue via le dvd uk en vosta de la BBC. Collons ce hors-sujet au Jackie Chan ci-dessus, car bien avant The Foreigner, M. Campbell avait réalisé cette oeuvre définitive – en ce qui le concerne – sur cet usuel canevas de vengeance familiale. C’est de la bombe presque de bout en bout, oui, si ce n’est que je n’aime pas la fin. Le documentaire « Magnox » laisse joliment s’exprimer le scénariste Troy Kennedy-Martin (L’or se barre et… Double détente) à ce sujet : l’acteur principal Bob Peck n’aimait pas ce que le scénario appelait pourtant de tous ses voeux : la présence d’un arbre in fine (je ne spoilerai pas plus). « Il veut fuir l’apaisement ? Tant pis pour lui. Il finira seul à hurler, dans l’erreur jusqu’à sa mort ! » semblent biaiser tant bien que mal les créateurs. Voilà mon seul bémol sur une série majeure qui certes accuse un peu le poids des ans (format 4/3, photo bbc, vfx d’époque etc) mais qui se tient encore sacrément bien. L’histoire est formidable, émaillée d’un second degré assez dingue à plusieurs endroits, comme ce héros qui embrasse le vibromasseur de sa fille décédée (!), un passage traité pourtant sur ton très 1er degré qui ne prête aucunement à rire, ou encore ces autres moments récurrents dans lesquels notre british sert la soupe au gars de la CIA (le flic de scotland yard prend les appels de la maison blanche, tient le volant du chauffeur américain pendant que celui fait autre chose etc). Ces passages se moquent insidieusement d’une Angleterre déjà manifestement chien-chien de l’Amérique dans les esprits et anticipent, au hasard, The Ghost Writer de Roman Polanski, auquel, fait amusant, on pense aussi dans The Foreigner via le jeu et le personnage de Brosnan.  De fait, le baroudeur ricain joué par le génial Joe Don Baker (le tueur mémorable de Charley Varrick) vole régulièrement la vedette au local, jusqu’au climax où c’est l’amerloque qui agit. Sa meilleure scène : au milieu de la série, lorsqu’il revient du Salvador dans un état second et qu’il jette son sac de golf en vrac dans sa chambre. En tombe, au milieu des clubs, un M16. Fatigué et nihiliste, le guerrier se moque de la mort de bout en bout du show. Impressionnant.

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Craven (Bob Peck) à gauche. – Allons nous venger, mon cher Jedburgh ! (Joe Don Baker à droite)

La meilleure idée du film restera les apparitions du fantôme joué par la belle Joanne Whalley (ex-Kilmer, vue avec lui ds Willow et Kill me again – elle m’avait foudroyé à l’époque). Campbell les amène joliment à chaque fois, très subtilement, et c’est elle qui donne du corps aux enjeux liés à notre pauvre héros. Elle l’aide à la fois dans son enquête et dans l’apaisement, c’est très beau, très poétique – cette fin en est d’autant plus frustrante, bon sang ! Une autre scène magnifique qui me vient : son enterrement. Sa mère, déjà morte, se trouve dans le cercueil d’en-dessous. Le père, le seul rescapé de la famille, se rappelle alors un voyage en van où sa gamine voulait dormir à l’étage de lits superposés, ses parents sous elle. Parallèle glauque, mais joli & très efficace.

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Père et fille, avant le drame… et après.

Il y a beaucoup de belles choses à dire sur cet évènement télévisuel souvent puissant. Et d’apprécier la filmo de Martin Campbell, de ses quelques oeuvres ciné populaires de qualités (Zorro, James Bond…) jusqu’à ses travaux TV notables, ici Edge of Darkness, ailleurs le très fun Detective Philippe Lovecraft (balèze à trouver !) ou encore toutes ces choses que je ne connais pas et découvre sur IMDb.

J’y pense : j’ai presque critiqué plus haut le format 4/3, il est pourtant usé à bon escient. Les gros plans sur les visages esseulés, la verticalité de certains décors (la mine), le dynamisme étriqué et étouffant des scènes d’action (la poursuite au MI5, le gunfight final dans la baraque) : ça paye.

Ajoutons un score de Michael Kamen et Eric Clapton clairement en mode pré-Arme fatale pour la cerise sur le gâteau et hop : emballé c’est pesé, voilà du culte en barre.

Publié dans Asie, Chine, Cogne-fou !, Défouraillage urbain, Pau Lar Polaire | Laisser un commentaire