Détective Dee 2 : La Légende du Dragon des mers (Tsui Hark, Chine 2013)

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La berge du dragon

Une cuvée mi-figue, mi-raisin, à savoir que sur la moitié du film, c’est un bon Tsui Hark, sur l’autre le foutraque usuel qui ne sait pas dire non et part dans tous les sens – encouragé par les délires des derniers Jack Sparrow ?
Vous entendez tous ces réalisateurs qui regardent leur scénario, leur budget, leurs moyens, re-leur scénario, et qui réécrivent des trucs pour s’adapter. Hark, non, ça il ne fait pas. Il fonce. On l’imagine même improviser des trucs en plein tournage sans l’avis de l’équipe des vfx.
« – Là le dragon saute, tu vois, alors pour sauver Dee, ses copains balancent des poissons depuis le bateau. Dee galope avec son cheval sur les coques des navires déjà explosés, des poissons lui passent devant la tronche et hop, il s’en sort. Allez on y va ! »
Deux infarctus.
Puis :
« – Là le type va jeter une plante empoisonnée avec des sortes de limaces de l’enfer. On va faire un gros plan sur la plante et les limaces en vol, en 3D ça va donner à mort. Puis l’adversaire va agoniser et les limaces vont sortir de son cou. Hein ? Ca va durer 15s dans le film, ensuite on embraye. Hop, on y va ! »
Trois AVC plus tard :
« – Ok, alors y’a truc que je voulais faire dans Time & Tide, on va le mettre là : un long affrontement en rappel. Le méchant arrive de partout, coupe des cordes, des mecs tombent, nos trois héros l’affrontent et… mais non, ne saute pas de la falaise, je te dis que c’est jouable ! »
Cela étant, cette dernière scène est assez épatante.
Clou du spectacle en ce qui me concerne : tous ces nobliaux obligés de boire de la pisse d’eunuque pour contrer un poison. Tant que Tsui arrivera à nous glisser des p’tits trucs comme ça…

Résumé : L’impératrice Wu règne sur la dynastie Tang aux côtés de l’empereur Gaozong. Elle envoie sa flotte vers l’empire Baekje afin de soutenir cet allié de longue date, envahi par le belliqueux empire Buyeo. Mais, juste après leur départ, les navires sont attaqués par une mystérieuse et gigantesque créature surgie du fond des mers. Les habitants de Luoyang, la capitale orientale, pensent qu’il s’agit d’un dragon des mers.

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Naked Soldier (Marco Mak, HK, 2011)

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A tel point que l’on se demande en quoi ce truc incarne le 3ième opus de la série des Naked bidule, qui ont, pour rappel, comme point commun de jolies tueuses. Rien de naked ici et encore moins de vraiment joli à se mettre sous la dent. Chingmy Yau et Maggie Q sont bien loin. Quelques passages délirants réveillent un temps, mais ces 89 minutes sont pénibles à se manger. On a connu Marco Mak plus inspiré. Touche rapide > générique de fin > poubelle, hop. Ca fera de la place sur l’étagère (je garde tout de même la galette dans une sacoche au cas où, mais chut).

Résumé : Les tueuses de Madame Rose continuent de faire des victimes…

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The Tower ( SON Ye-Jin, Corée du sud, 2012)

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Je prends ta tour avec mon feu

Oublions le chinois raté Out of Inferno : les films pompiers, les coréens, c’est leur job ! A Roland Emmerich d’applaudir certainement des deux mains devant ce film catastrophe au cahier des charges – c’est chargé – parfaitement rempli. Femme enceinte : check ; ‘tite enfant à sauver : check ; capitaine téméraire : check ; politiciens corrompus (pléonasme) : check ; vigile en mode « moi d’abord », check. Ca fait certes cliché, mais après (avant, le film date de 2012) le naufrage du Sewol dû à une chaîne de corruption hallucinante, ou, plus proche de nous, le drame de la tour Grenfell de Londres et son gerbant « laissons crever le peuple » en amont, le film ne fait qu’effleurer l’ampleur d’une déresponsabilisation de masse des cadres et dirigeants.

Bref : ça passe en force grâce à un rythme assez soutenu une fois passée l’exposition, de chouettes effets spéciaux – que doit d’ailleurs jalouser Pierre Jolivet, parce que son très sympa Les hommes du feu aurait bien eu besoin d’un peu de ce budget pour sa finale- quelques bons acteurs en tête de gondole, la légère dose d’humour qui va bien, de chouettes morceaux de bravoure (la traversée du pont de verre, la chute de l’ascenseur…) et, surtout, des pompiers qui courent au ralenti au milieu des flammes. M’en lasse pas. Manque juste, à la rigueur, un Bruce Willis venu passé Noël en famille dans cette « Nakatomiazéo » Plazza de service.

Résumé : Alors qu’une fête de Noël se tient dans un immeuble de luxe, un incendie se déclare. De nombreux pompiers sont alors envoyés sur place pour sauver les invités. 

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Miss Hokusai (Keiichi hara, Japon, 2015)

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Vagounette

On y croit au début avec ce dessin raté d’un dragon revenant du ciel pour, sous les doigts de Miss Hokusai, renaître sur le papier. Puis le film se perd avec une jeune aveugle – niaiserie engaged, aïe ! Ca repartirait presque avec ces fantômes qui figurent joliment la créativité, mais finit par aller nulle part ailleurs qu’à un générique de fin bienvenu. Le réalisateur Keiichi Hara s’en tire plutôt bien malgré tout : il évite l’académisme ampoulé que revêt souvent ce type de projet, cherche l’hymne à la créativité en choisissant le bon angle, mais n’arrive pas totalement à s’extraire de la mise en abîme. M’a donné envie de revoir la série Mononoke, c’est déjà ça. Et le plus cochon Hokusai manga, nettement plus pétillant rayon chair fraîche !

Résumé : en 1814, HOKUSAI est un peintre reconnu de tout le Japon. Il réside avec sa fille O-Ei dans la ville d’EDO (l’actuelle TOKYO), enfermés la plupart du temps dans leur étrange atelier aux allures de taudis. Le « fou du dessin », comme il se plaisait lui-même à se nommer et sa fille réalisent à quatre mains des œuvres aujourd’hui célèbres dans le monde entier. O-Ei, jeune femme indépendante et éprise de liberté, contribue dans l’ombre de son père à cette incroyable saga artistique.

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Les ailes d’Honneamise (Hiroyuki Yamaga, Japon, 1987)

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L’apparat des héros

En HD, c’est beau, très beau. Le BR d’@Anime épate avec sa patine visuelle et sonore : le 5.1 jap’ rend justice à la musique de Sakamoto. L’expérience en salon est optimale, plaisante. Le film reste toutefois le même, à savoir cette boursouflure ambitieuse, parfois géniale, qui nous offre de vrais moments d’animation plombés par un scénario qui semblerait presque improvisé au gré des évolutions des dessinateurs. Peu d’enjeux, une love story juste mignonne et, surtout, ce protagoniste comme le film, perpétuellement endormi, confèrent à l’oeuvre un pouvoir soporifique qu’on peut trouver bienvenu… ou frustrant. Ils avaient les moyens d’arriver à un chef d’oeuvre. N’est pas Akira qui veut.

Reste que je l’aime bien, cette grosse démo technique du savoir faire du pays à la fin des années 80. Il manque juste un vrai sujet, quelque chose à dire, à raconter. Se raccrocher in extremis aux branches du Koyaanisqatsi de Godfrey Reggio n’aide pas. Cela tire à la fois la pseudo thématique (y’en a pas) du film vers le bas ainsi que son score original, qui se voit ainsi comparé inutilement à celui de Philipp Glass.

Résumé : Shiro est un pilote sans avenir qui se retrouve engagé dans la Royal Space Force, une branche méprisée de l’armée de l’air. Sa rencontre avec Riquinni le pousse à devenir le premier homme dans l’espace. L’armée qui finance le projet veut utiliser ce programme pour lancer une nouvelle guerre mondiale. Une course contre la montre est engagée pour réussir le premier lancement.

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Zatoichi (Takeshi Kitano, Japon, 2003)

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Ce film vieillit mal à cause tout simplement du gore en cgi pourri qui date de début 2000. C’est moche, ça se voit, et flingue – sabre – salement ce Zatoichi-là. Les vieux Misumi n’ont pas ce problème. Sinon c’est un bon chambara et j’aime toujours autant ses écarts musicaux.

Pouf, pouf. J’ai eu une idée géniale et tiens à la partager ici. Alors voilà, c’est un film qui raconterait l’enfance de Zatoichi. Personnage principal :sa mère (ou plutôt sa grand-mère maintenant), qui serait jouée par Kitano lui-même, un peu à la manière de Michel Piccoli dans Jardins en automne, pour ceux qui connaissent. On lui colle un chignon et roule. Une vieille filoute, donc, qui passe son temps à traîner dans les salles de jeu. Elle triche, se sert de son fils pour accomplir de basses besognes. Ce qui ne l’empêche pas de le frapper régulièrement, de se défouler sur lui. Un beau jour, elle s’en lasse. A cause de sa cécité, il devient un gros boulet. Et de l’enfermer dans une vieille grange au milieu d’essaims d’abeilles (clin d’oeil à Ninja Scroll : check). A lui de s’en sortir et de dompter, évidemment, son handicap, en découpant les insectes à l’aide d’un vieux sabre rouillé trouvé là. Il retrouve sa mamie, ils s’engueulent (…) Ponctuation-climax : une horde de types débarque pour la zigouiller – elle leur doit un paquet de blé – et le jeune Zatoichi les dégomme tous dans la joie et la bonne humeur. Et la difficulté : le bretteur fou vient juste de naître. Pour finir, elle lui cogne la tête avec un bout de bois en lui enjoignant d’arrêter de faire son intéressant. Le soir, elle s’endort en gémissant. Elle a été blessée pendant la bataille. On croit qu’elle va mourir devant le regard humide de son fils. Mais non, elle se réveille au petit matin, l’engueule parce que le petit-déjeuner n’est pas prêt, puis ils s’en vont tous deux sous le soleil couchant en s’invectivant – FIN. 90min max, hop. Génial, non ? 🙂

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Okja (Bon Joon-Ho, Corée du sud/ USA, 2017)

Okjarrive pas à l’croire !

Tout ça pour ça. Si la bande-annonce faisait illusion grâce à une belle musique et à la mise en scène léchée du réalisateur coréen, tout est archi-foireux là-dedans. Début champêtre pénible (= chiant), scénario inepte, concept suicidaire, traitement malade – à quel public s’adresse ce truc ? -, Jake Gyllenhaal à la rue, blagues pas drôles, Bregovic du pauvre au score… et c’est d’un mou, désincarné au possible, débile, cynique… Début à la Totoro, « climax » provoc’ dans une boucherie : WTF ? Conseil pour oublier très vite cette purge : revoir Babe 2, le cochon dans la ville, qui est autrement plus émouvant et pétaradant que cette triste sortie de route.

Résumé : Pendant dix années idylliques, la jeune Mija s’est occupée sans relâche d’Okja, un énorme animal au grand cœur, auquel elle a tenu compagnie au beau milieu des montagnes de Corée du Sud. Mais la situation évolue quand une multinationale familiale capture Okja et transporte l’animal jusqu’à New York où Lucy Mirando, la directrice narcissique et égocentrique de l’entreprise, a de grands projets pour le cher ami de la jeune fille.

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