Blade 2 (Guillermo del Toro, USA, 2002)

blade-2-wesley-snipesA la recherche de son mentor transformé en vampire, Blade est contacté par un société de vampires. Ceux-ci lui demandent de prendre la tête d’un commande afin de venir à bout d’une nouvelle race de vampires, les Faucheurs.

El Santo meets Donnie Yen

Etes-vous en manque d’un bon film de Donnie Yen, là, maintenant, tout de suite ? Envie primaire de Donnie comme d’un donuts bien sucré ? Moi, oui. Je conseille dans ce cas de voir, et revoir, et re-revoir ce toujours aussi jouissif Blade II, film de vampire bourrin dans lequel plusieurs chorégraphies respirent le coup de poing fulgurant, le combo qui fait mal et le rictus méchant. En deux mots : Donnie Yen. Qu’on le voit ou non le Donnie est partout là-dedans, à la fois dilué et archi présent.

blade2a

Guillermo Del Toto ? Je scribouille ça début 2011 : il est désormais parti du projet Bilbo le Hobbit, sur lequel il a déjà bien bossé. Il reste pour l’instant attaché à cet autre projet au long cours qu’est Les Montagnes hallucinées de HP Lovecraft, il est aussi écrivain à ses heures avec son bouquin de vampires « La lignée », co-écrit avec Chuck Hogan (The Town)… J’en sors, d’ailleurs, de ce bouquin. C’est une purge, une vraie, qui m’a justement donné l’envie de revoir ce chouette film, à ce jour son chef d’œuvre au coude à coude avec L’échine du diable. Blade II était en son temps annoncé comme le brouillon d’un Hellboy qui, finalement, ne lui arriva pas à la cheville. Le labyrinthe de pan ? A mon sens il est surfait, très beau, certes, mais thématiquement trop redondant par rapport al Espinoza del diablo : des nazis, du fantastique, de la métaphore de bon aloi, et ?… Zappons Hellboy 2, qui recycle très maladroitement et de façon très infantile le monstrueux scénar de Blade 2, et continuons d’aimer les très sympathiques Mimic et Cronos pour leurs belles ambiances, leur amour des monstres revendiquée.

blade 2 donnie

On se ressaisit, Môôssieur Del Toro, parce que Blade 2, en plus de zigouiller en masse nous raconte une belle histoire d’amour (cette fin !), une sacrée histoire d’amitié (ce début !), une fresque vampirique dantesque (en toile de fond !) et fait se croiser le cinéma américain avec cette icône qu’est Wesley Snipes et quelques aspects terminatoresques ; le cinéma mexicain avec cette photographie sudisante (marrons-jaunes sombres) et son final catcheur ; le cinéma espagnol avec la présence de l’également très iconique (sa mère) Santiago Segura (Torrente, quelques Alex de la Iglesia…) ; et, donc, du jaune esthétisant, Donnie, le kung fu… mais pas seulement. Pour son « bloodpack », commando spécial du film, ainsi que pour certaines scènes d’action tarabiscotées faites de plans séquences complexes – réussis ou non(*) -, Guillermo avoue s’être inspiré de l’anime Vampire Hunter D : Bloodlust, et, plus généralement, de son réalisateur Yoshiaki Kawajiri.

A l’époque de Leone on appelait le recyclage de films du « Cinéma Cinéma ». Aujourd’hui le temps passe et on pourrait appeler la chose du « cinéma cinéma cinéma cinéma… » tant la soupe brasse de plus en plus d’ingrédients. Quand elle est bonne, on s’en tape de ce qu’il y a dedans : on la boit d’un trait jusqu’à la dernière goutte. Mmhmm, c’est bon… Encore !

Publicités