Le pare-brise par le menu dans le polar asiat’

Urbains bourrins, bonjour ! La ville vous étouffe-t-elle ? Le milieu urbain vous plait-il autant qu’il vous dévore ? Envie de tout envoyer péter, de tout exploser, de vider un chargeur sur un pare-brise de bagnole comme un appariteur casserait un abris bus ? Si là, maintenant, vous n’avez pas les moyens de vous mater un film de ce genre ni le temps de jouer à l’un des nombreux jeu vidéos qui vous en offrent l’opportunité, quoi de mieux qu’un dossier consacré ? En Asie, on a de quoi faire ! Démonstration.

Pare-brise de bagnole explosé : gunfight urbain respecté !

Dans le coréen Shiri, les vilains nord coréens et gentils sud coréens (je schématise) se mettent sur la gueule à Séoul dans la joie et l’allégresse. Non contents de nous balancer d’entrée de jeu une intro à la barbarie rarement vue au ciné, nos excités du bocal satisfont les exigences d’autres excités qui le regardent, eux, le bocal, pour s’exciter en meute par procuration. Dans la rue, on recherche le plein air. Chercher l’énervement dans l’énervement, est-ce bien la solution ? On s’en cogne, ça défouraille de partout, les pare-brises de bagnole se font dézinguer : le cahier des charges est donc là bien rempli.

I’m shooting in the street and I’m happy again

Dans Big Bullet Antony Wong s’énerve, la tension monte, le bontempi chauffe ses batteries : la sauce est lancée ! Ca court super bien dans les rues, les plans larges ont de la gueule, c’est fabuleusement bien rythmé. RAS, c’est du chouette boulot, l’adrénaline monte comme rarement, avec comme point « drogue » un Lau Chin Wan qui déboule fusil à pompe à la main – superbe porté – et qui dégomme sans hésiter un pare-brise de bagnole. LCW, ou « Le pare-brise me les brise menu ! ». Spéciale kasdédi au titre.

En vrac à la casse

Avec Man From Nowhere on a pile poil la pièce de deux euros ! Carglass pourra balancer sa résine. Après le contenu du chargeur.

Dans Hit Team, Dante Lam, lui, ne joue pas les timides et n’hésite pas à briser la glace !

City On Fire.
Danny : tu vois, Chow, pour éviter de payer des fenêtres de bagnole explosées, suffit de les ouvrir !
Chow : Ok mais on va encaisser les bastos direct si on reste là à faire les malins, très cher Danny.

Hard Target : capot ou pare-brise, faites vos choix !

Love Battleflied : pfiouuuu, pas passé loin !

Running out of Time : pas de budget pare-brise. Alors étincelles pour donner le change, hop ! Je n’ai pas Full Alert sous le coude mais il me semble bien que les pare-brises y étaient tout autant pare-balles.

The Longest Nite : LCW : moi les pare-brise j’leur file des coups d’boule ! AH AH AH ! !

The Killer. John Woo et la surenchère : balancer 15 pruneau dans un gars qui sous l’impact se voit projeté sur un pare-brise. On n’a jamais fait mieux.

Analyse du Docteur Van Der Brucken

Dans les polars, la ville oppressante est parfois représentée par le pare-brise, à savoir la voiture – puf, puf – du moins ce qui permet de voir au travers. Depuis le siège vers l’extérieur et depuis l’extérieur vers l’intérieur. Voyeurisme. Mmmh. En mouvement. Puf, puf. Cette possibilité de voir tout, tout le temps, de tout le monde vers tout le monde, appelle à davantage encore de curiosité malsaine. C’est cette haine de nous-même, de nos instincts les plus méprisables, qui nous pousse à vouloir briser l’objet. La glace ici est un miroir qui nous renvoie ce qui nous déplait le plus en nous. Mmmh… Quant à ce cadre pour l’action, la ville – puf, puf – il remplace l’école pour l’étudiant : il figure notre quotidien. L’écolier crée ses fictions, ses rêves, là où il passe ses journées. Il est demandeur et en cela, par exemple, le shonen option gakuen japonais répond favorablement à ses pulsions. Puf, puf. Est-ce à dire qu’un adulte qui continue à réclamer ce type de schéma une fois basculé dans la vie active fait montre d’immaturité ? Indubitablement. Mais ne lui reprochons pas quand son environnement lui-même est immature et entretient une certaine irréalité. Traduite dans la fiction, c’est à dire une prise de conscience sociétale, par Matrix, Dark City etc. Le chef d’œuvre Amer béton de Mastumoto le démontre aussi admirablement. Quant à vouloir, en plus, se vanter d’avoir ce type de pulsion sur un blog, aussi prestigieux soit-il, cela dessert l’auteur plus que ne le sert puisque montre un manque de reconnaissance évident dans le réel et le besoin de se créer un palliatif qui…

Bon, eh bien merci à vous Docteur pour ces passionnants éclaircissements ! Qui, n’en doutons pas, comblent les quelques lecteurs qui nous restent par leur époustouflante pertinence.

La suite au prochain épisode.  

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Cet article a été publié dans Asie, Défouraillage urbain, Dossiers, Réflexions du Pr Van der Brucken. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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