Crime Story (Kirk Wong, HK, 1993)

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L’inspecteur Eddie Chan est chargé de la sécurité d’un homme d’affaires important. Quand ce dernier est kidnappé, il accepte l’aide d’un detective pour résoudre son enquête.

« Die Hard », selon Kirk Wong

Il y a plusieurs passages déments dans ce chouette polar hard boiled, mais le meilleur se trouve au début. Après avoir survécu à une fusillade traumatisante, Jackie s’en va chez sa psy pour tenter d’expurger ce qui, on le devine, le hante passablement.
« Racontez moi… »
Mémorable et formidablement rythmée d’accélérations (flashback/souvenirs de la boucherie) et de pauses complémentaires (retour chez la psy), la scène nous balance du chaos urbain immédiat et, accessoirement, un des plus beaux gunfights qui nous ait jamais été donné de voir.

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Aidé d’une BO dynamique tournicotant parfois autour du score de Nikita (Eric Serra), le film sait simuler le pacemaker s’emballant avant de basculer dans la crise cardiaque fatale. Borderline. Jackie en prend plein la gueule, et nous les yeux. Visuellement, on est proche du travail de Mc Tiernan sur le troisième opus des Die Hard, sauf qu’ici Jackie Chan encaisse une série de coups sans qu’on lui laisse le temps de sortir une punchline ni esquisser un sourire en coin. A cause des coins de table qu’il se mange régulièrement dans la tronche, sans doute. Impressionnant. (initialement en ligne sur Cinemasie.com le 06/08/07)

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Seven Sisters (Tommy Wirkola, USA, Europe, 2017)

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2073. La Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide d’instaurer une politique d’enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d’Allocation des Naissances, sous l’égide de Nicolette Cayman. Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman décide de garder secrète l’existence de ses 7 petites-filles. Confinées dans leur appartement, prénommées d’un jour de la semaine, elles devront chacune leur tour partager une identité unique à l’extérieur, simulant l’existence d’une seule personne : Karen Settman. Si le secret demeure intact des années durant, tout s’effondre le jour où Lundi disparait mystérieusement…

Les 7 s’amourachent

Cela fait deux mois que ce film est à l’affiche en France. Initialement prévu pour la VOD – aux USA il est honteusement passé par cette case – le voilà qui cartonne dans l’Hexagone. Bouche à oreille, réseaux sociaux, curiosité : à force d’insistance je m’y suis moi-même déplacé, avec cependant comme un étrange a priori négatif. La chose sentait le DTV foireux, le twist à deux balles, un xième machin « dystopique » pour djeuns ; et la présence du bourrin Wirkola aux manettes n’était pas pour me rassurer (chuis pas corpo). Quelle erreur de jugement ! Voilà une série B formidablement bien troussée, joliment écrite (en 2010, le scénario était dans le haut du panier des histoires non encore produites, dixit IMDb), rythmée, jubilatoire, émouvante, jusqu’à un final certes Hollywoodien, mais malin et doté de rebondissements aussi culottés que crédibles. J’en profite pour évoquer ce mot à la mode, « Dystopie », que je lis partout. Il remplace bêtement notre bonne vieille « anticipation » autrement plus explicite. A trop s’enfoncer dans le délire méta, on en oublie les fondamentaux, à savoir alerter le peuple via le ciné sur une dérive délétère possible, extrapolation d’un état des lieux pessimiste. Ici, Soleil vert meets Usual Suspects, et l’anticipation côtoie le suspens ludique non sans brio ! La gestion des vilains, tous travaillés, motivés par un moteur crédible, m’a emballé, et de laisser (presque) le mot de la fin au personnage terrible joué par Glenn Close m’a paru sacrément gonflé.

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Le réalisateur Norvégien d’un Dead Snow décevant et du très butor Hansel & Gretel – faut que je le revois et que je découvre son Dead Snow 2 – m’a très agréablement surpris. Il a pris le projet à bras le corps, y a incorporé les beaux gosses norvégiens Christian Rubeck et Pål Sverre Hagen ainsi que ses usuels excès violents de façon intelligente, de telle sorte que l’objet tient parfaitement en équilibre, avec pourtant un postulat à ne pas trop creuser et un tournage de 90 jours en Roumanie. Chapeau ! C’est un quasi miracle, que Noomi Rapace consolide de son jeu très physique. Elle incarne 7 personnalités différentes, plus une huitième, leur mère, que toutes simulent à l’extérieur de leur appartement. Malgré le peu d’amplitude dont l’actrice suédoise dispose, et compte tenu des lourdes difficultés inhérentes à ces rôles, elle s’en sort formidablement bien. Parfois doublée (scènes de groupe, personnage flouté en arrière-plan etc), elle profite de la perdition de chacune qui peine à assumer sa propre personnalité. Concept génial, exploitation pertinente, roller coaster impeccable… on appelle ça une bombe. Le temps jugera de ses aspects cultes (visuellement c’est du B à la Equilibrium), mais le marché, frileux, qui ne juge actuellement que par des types en collant, devrait déjà réfléchir à cette prise de risque payante et, donc, rafraichissante à tous les niveaux. S’il confirme, Wirkola se verra étiqueté comme une sorte de nouveau Peter Jackson, ce qui laisse augurer de beaux projets et… bon, bref, l’alignement des astres est au poil.

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Natural City (Min Byeong-cheon, Corée du sud, 2006)

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2080. Deux espèces se partagent désormais le monde : l’homme et des créatures artificielles à son image, les cyborgs. Commando d’une unité d’élite chargée de retirer de la circulation les cyborgs défectueux ou rebelles, R tombe pourtant amoureux de celle qu’il aurait dû éliminer, la belle Ria. Si, sous trois jours, R ne peut greffer la puce mémoire de Ria dans un nouveau corps, celle-ci mourra. Une seule solution pour éviter l’inéluctable : faire appel à Croy, un inquiétant scientifique qui prétend connaître le moyen de prolonger la vie au-delà de ses limites. Mais, dans son ombre, se profile la silhouette de Cyper, un cyborg de combat en quête d’immortalité…

Blade Runner, made in Korea

J’étais parti pour pondre un dossier « Blade Runner et l’Asie » et me voyais déjà faire du vieux avec du vieux. Parler de GITS 2 pour la énième fois, glisser le Running Man de Kawajiri, causer de ses Cyber City, de l’Animatrix A Detective Story de Watanabe etc etc… ayé, c’est fait, ça suffit. Puis je me suis rappelé ce bon vieux Natural City, qui a généralement mauvaise presse mais pour lequel j’éprouve une secrète fascination. Je l’ai revu. Avec plaisir. Coupable ?

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Oui, c’est un pompage éhonté de Blade Runner, oui on trouve des longueurs, oui le casting féminin laisse parfois à désirer, oui la narration est parfois chaotique… et ? On a encensé des péloches italiennes pour moins que ça en son temps ! Natural City dispose de chouettes scènes d’action à la Matrix, dilue un spleen palpable pendant tout le film, construit et bidouille des décors qui rappellent parfois davantage Hardware (1990) et Accion Mutante (1993) que le film de Ridley Scott, mais ça passe et c’est cool. Et j’y crois, à ce monde, à la solitude de ce soldat, un égoïste qui évoque plus le militaire de Jin-Roh qu’un Deckard à la Marlowe. C’est coréen, donc ralentis et violoncelles abondent sur les parties mélodramatiques chargées, ce que j’exècre d’habitude étrangement ici je l’apprécie. Je trouve même que ce film anticipe le spleen du héros de BR2049, que notre protagoniste du jour – du soir – combat à sa façon sa condition de soldat formaté comme un robot, et qu’une certaine poésie s’échappe parfois, naïve et agrémentée d’effets de montages à la Christopher Doyle/WKW. Je ne défendrai pas ce film à corps et à cris, c’est peine perdu – et à raison – mais voilà : j’aime bien. J’avoue aussi que dès que je trouve l’équivalent d’un SWAT qui se déploie dans un film, je kiffe. J’ai la même relation avec l’uchronie 2009, Lost Memories. Est-ce grave, Docteur ?

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Life : origine inconnue (Daniel Espinoza, USA, 2017)

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LIFE : origine connue !

À bord de la Station Spatiale Internationale, les six membres d’équipage font l’une des plus importantes découvertes de l’histoire de l’humanité : la toute première preuve d’une vie extraterrestre sur Mars. Alors qu’ils approfondissent leurs recherches, leurs expériences vont avoir des conséquences inattendues, et la forme de vie révélée va s’avérer bien plus intelligente que ce qu’ils pensaient…

Avec sa seule petite carte de visite suédoise Easy Money, Daniel Espinoza a fait son chemin aux USA le temps de quelques films : le polar correct, mais sans surprise, Sécurité rapprochée, le moyen Enfant 44 et ce correct, mais sans surprise – même quand il s’y essaye – Life : Origine inconnue. Le gars fait le job. D’aucuns trouvent ça correct, pas moi, ce malgré la présence du Japonais Hiroyuki Sanada (The Shogun’s Samurai) qui rejoue peu ou prou sa prestation dans Sunshine. L’absence de prise de risque, l’étude de marché « Gravity + Alien = Life » et le traitement très premier degré m’ont empêché de vraiment décoller dans l’espace avec cette équipe aussi condamnée que celle du dernier Alien en date. Efficace ? Un peu, au début, oui, puis très vite fade et impersonnel. Même pas un nanar rigolo au 2nd degré.

 

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Détective Dee 2 : La Légende du Dragon des mers (Tsui Hark, Chine 2013)

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La berge du dragon

Une cuvée mi-figue, mi-raisin, à savoir que sur la moitié du film, c’est un bon Tsui Hark, sur l’autre le foutraque usuel qui ne sait pas dire non et part dans tous les sens – encouragé par les délires des derniers Jack Sparrow ?
Vous entendez tous ces réalisateurs qui regardent leur scénario, leur budget, leurs moyens, re-leur scénario, et qui réécrivent des trucs pour s’adapter. Hark, non, ça il ne fait pas. Il fonce. On l’imagine même improviser des trucs en plein tournage sans l’avis de l’équipe des vfx.
« – Là le dragon saute, tu vois, alors pour sauver Dee, ses copains balancent des poissons depuis le bateau. Dee galope avec son cheval sur les coques des navires déjà explosés, des poissons lui passent devant la tronche et hop, il s’en sort. Allez on y va ! »
Deux infarctus.
Puis :
« – Là le type va jeter une plante empoisonnée avec des sortes de limaces de l’enfer. On va faire un gros plan sur la plante et les limaces en vol, en 3D ça va donner à mort. Puis l’adversaire va agoniser et les limaces vont sortir de son cou. Hein ? Ca va durer 15s dans le film, ensuite on embraye. Hop, on y va ! »
Trois AVC plus tard :
« – Ok, alors y’a truc que je voulais faire dans Time & Tide, on va le mettre là : un long affrontement en rappel. Le méchant arrive de partout, coupe des cordes, des mecs tombent, nos trois héros l’affrontent et… mais non, ne saute pas de la falaise, je te dis que c’est jouable ! »
Cela étant, cette dernière scène est assez épatante.
Clou du spectacle en ce qui me concerne : tous ces nobliaux obligés de boire de la pisse d’eunuque pour contrer un poison. Tant que Tsui arrivera à nous glisser des p’tits trucs comme ça…

Résumé : L’impératrice Wu règne sur la dynastie Tang aux côtés de l’empereur Gaozong. Elle envoie sa flotte vers l’empire Baekje afin de soutenir cet allié de longue date, envahi par le belliqueux empire Buyeo. Mais, juste après leur départ, les navires sont attaqués par une mystérieuse et gigantesque créature surgie du fond des mers. Les habitants de Luoyang, la capitale orientale, pensent qu’il s’agit d’un dragon des mers.

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Naked Soldier (Marco Mak, HK, 2011)

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Nakedal là-dedans

A tel point que l’on se demande en quoi ce truc incarne le 3ième opus de la série des Naked bidule, qui ont, pour rappel, comme point commun de jolies tueuses. Rien de naked ici et encore moins de vraiment joli à se mettre sous la dent. Chingmy Yau et Maggie Q sont bien loin. Quelques passages délirants réveillent un temps, mais ces 89 minutes sont pénibles à se manger. On a connu Marco Mak plus inspiré. Touche rapide > générique de fin > poubelle, hop. Ca fera de la place sur l’étagère (je garde tout de même la galette dans une sacoche au cas où, mais chut).

Résumé : Les tueuses de Madame Rose continuent de faire des victimes…

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The Tower ( SON Ye-Jin, Corée du sud, 2012)

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Je prends ta tour avec mon feu

Oublions le chinois raté Out of Inferno : les films pompiers, les coréens, c’est leur job ! A Roland Emmerich d’applaudir certainement des deux mains devant ce film catastrophe au cahier des charges – c’est chargé – parfaitement rempli. Femme enceinte : check ; ‘tite enfant à sauver : check ; capitaine téméraire : check ; politiciens corrompus (pléonasme) : check ; vigile en mode « moi d’abord », check. Ca fait certes cliché, mais après (avant, le film date de 2012) le naufrage du Sewol dû à une chaîne de corruption hallucinante, ou, plus proche de nous, le drame de la tour Grenfell de Londres et son gerbant « laissons crever le peuple » en amont, le film ne fait qu’effleurer l’ampleur d’une déresponsabilisation de masse des cadres et dirigeants.

Bref : ça passe en force grâce à un rythme assez soutenu une fois passée l’exposition, de chouettes effets spéciaux – que doit d’ailleurs jalouser Pierre Jolivet, parce que son très sympa Les hommes du feu aurait bien eu besoin d’un peu de ce budget pour sa finale- quelques bons acteurs en tête de gondole, la légère dose d’humour qui va bien, de chouettes morceaux de bravoure (la traversée du pont de verre, la chute de l’ascenseur…) et, surtout, des pompiers qui courent au ralenti au milieu des flammes. M’en lasse pas. Manque juste, à la rigueur, un Bruce Willis venu passé Noël en famille dans cette « Nakatomiazéo » Plazza de service.

Résumé : Alors qu’une fête de Noël se tient dans un immeuble de luxe, un incendie se déclare. De nombreux pompiers sont alors envoyés sur place pour sauver les invités. 

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